Bahreïn (A.P.Hawzah)– L’Association islamique nationale Al-Wefaq de Bahreïn, le plus important mouvement révolutionnaire du pays, a condamné le décret royal n° 38 de 2026. Ce texte introduit de nouvelles dispositions à la loi relative aux gouvernorats, permettant la nomination d’« un ou plusieurs mukhtars » (responsables locaux) dans chaque gouvernorat, sur décision du ministre de l’Intérieur.
Dans un communiqué, l’association a déclaré que cette décision témoignait d’un recul du pouvoir en place par rapport au modèle de « l’État fondé sur des institutions modernes » et d’un retour vers des « systèmes tribaux et des structures de type cheikh ». Elle souligne également que les autorités bahreïniennes continuent de privilégier une approche policière et sécuritaire.
Alors que les fonctions historiques du mukhtar sont liées à des dimensions essentiellement sociales, ce décret royal place désormais ces responsables sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. Selon Al-Wefaq, le pouvoir poursuit ainsi de nouvelles orientations visant à militariser l’État et à renforcer le contrôle sécuritaire jusque dans les moindres aspects de la vie publique.
L’association estime que cette évolution révèle la nature sécuritaire qui sera désormais attachée au système des mukhtars, d’autant que le décret précise explicitement, dans son article 11, que c’est le ministre de l’Intérieur qui détermine les pouvoirs, les missions ainsi que les modalités d’organisation du travail des mukhtars.
L’association a ajouté qu’au moment où les États s’orientent vers des systèmes administratifs démocratiques, le pouvoir à Bahreïn, lui, se détache de son cadre historique pour revenir à une période antérieure à l’État moderne. Le décret royal ordonne en effet au ministre de l’Intérieur de désigner directement les mukhtars, sans consultation des habitants des régions concernées, et encore moins de leur accorder le droit de les élire ou de se porter candidats selon les procédures démocratiques habituelles, souligne le communiqué.
L’agence de presse officielle de Bahreïn, BNA, a rapporté que le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa, avait promulgué un décret visant à modifier certaines dispositions du décret-loi n° 17 de 2002, sous la forme du décret n° 38 de 2026.
En vertu de ce nouveau texte, un ou plusieurs mukhtars seront désignés dans chaque gouvernorat. Leur nomination sera décidée par le ministre de l’Intérieur parmi les noms proposés par le gouverneur concerné. Leur mandat est fixé à quatre ans et peut être renouvelé pour une ou plusieurs périodes supplémentaires. Le ministre de l’Intérieur peut également, sur proposition du gouverneur concerné, mettre fin aux fonctions d’un mukhtar avant l’expiration de son mandat.





Votre commentaire